La dépression est une souffrance reconnue depuis l’Antiquité, même si ses noms et explications ont évolué au fil des siècles, des premières descriptions mésopotamiennes à la psychiatrie moderne. Les premières traces apparaissent dans les textes mésopotamiens, puis Hippocrate la théorise comme une « mélancolie » liée au déséquilibre des humeurs. Plus tard, Avicenne en propose une analyse plus fine. Au XIXᵉ siècle, les aliénistes (précurseurs des psychiatres) en font un objet central de la psychiatrie naissante. Malgré ces évolutions, une même forme de souffrance demeure reconnaissable à travers le temps.
L’exposition Les visages de la dépression propose de parcourir cette histoire pour montrer que la dépression n’est pas une réalité unique, mais multiple. Elle met en évidence la diversité de ses symptômes, la manière dont la médecine et la recherche les décrivent, ainsi que les représentations qu’en donne l’art qui, depuis toujours, traduit aussi cette expérience. Cette exposition, issue de notre appel à manifestation d'intérêt (AMI), a été développée en collaboration avec l'unité de recherche Lille Neuroscience & Cognition (LilNCog) et en lien avec le projet Calypso. L’exposition comprend une dizaine de panneaux descriptifs, accompagnés d'une tablette numérique permettant de tester l'outil Calypso et d'un espace de réalité virtuelle mettant en évidence la manière dont la dépression peut modifier nos actions et notre perception de l'environnement.
Le projet Calypso (Clinique et analyse psychiatrique objectives) est au cœur de cette exposition. Il s'appuie sur l'intelligence artificielle et la vision par ordinateur pour analyser des signes observables de la dépression : expressions faciales, mouvements de la tête et du corps, caractéristiques de la voix ou encore démarche. L’objectif est de compléter l’observation clinique traditionnelle par des mesures plus objectives, afin d’améliorer la compréhension de la dépression et de développer des diagnostics et des traitements plus précis et adaptés. Le projet Calypso est notamment porté par des personnels de l'unité de recherche LilNcog et du Centre hospitalier universitaire de Lille.
